Vivre avec les plantes

Vivre avec les plantes.
Des déambulations contre les parcours balisés.

Avec Véronique Désanlis et Ariane Leblanc

Jeudi 24 novembre 2016, 19h

ENTREE LIBRE SUR RESERVATION à
reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

Gilles Clément, dans son Manifeste du Tiers paysage : « Elever l’indécision à hauteur politique. La mettre en balance avec le pouvoir ».
« Envisager la marge comme un territoire d’investigation des richesses à la rencontre de milieux différents ».

Dans le bocage et les zones humides de la ZAD de Notre Dame des Landes s’exprime farouchement le refus du bétonnage, d’un futur non-lieu fait de flux et de circulations marchandes. Mais ce qu’il y a à défendre aussi ce sont des rapports non administrés à un milieu singulier.

Dans nos milieux urbains, il y a les espaces végétalisés décoratifs balisant nos parcours. Mais aussi les friches innombrables et son écologie rudérale, soit la possibilité de l’étude parcimonieuse des marges urbaines et des territoires laissés à l’abandon. On sait que l’arbuste Buddleia davidii, originaire de l’Himalaya, notre familier "arbre aux papillons", proliférant dans toutes les friches postindustrielles (y compris sur des sols fortement pollués) a une puissance destructrice inouïe. Ses racines peuvent en quelques années éventrer des constructions en béton armé.

Mike Davis, dans « Villes mortes : une histoire naturelle » (Dead cities), nous dit : « nous en savons plus sur l’écologie des forêts tropicales que sur l’écologie urbaine », sur ses logiques de succession écologique, sur les déséquilibres de l’urbanisation métropolitaine laissant en permanence les portes ouvertes aux forces colossales des réagencements écologiques. Ainsi, il évoque les travaux fictionnels de George Ripey Steward, naturaliste et historien de l’Ouest américain : celui-ci, dans son roman Earth Abides relate à partir du personnage du Survivant, comment après une obscure épidémie qui fait disparaître la presque totalité des habitants de la Terre, les mégapoles californiennes deviennent en un peu plus de quarante ans un gigantesque amas de ruines recouvertes par des forêts, des zones humides habitées par des innombrables espèces animales.

Il y a des milieux pluriels. A la ZAD un ethos ingouvernable que le pouvoir veut détruire coûte que coûte. Dans nos villes, des lieux et des formes de vie pas partout gouvernés mais en permanence promis à de nouvelles formes d’administration. A l’encontre des parcours balisés auxquels nous contraint la gouvernance, combinant des logiques concentrationnaires de populations dans des ghettos et la dispersion atomisée dans les parcours de la consommation (de marchandises, de loisirs, de santé, de "bien-être"), il y a la possibilité de se laisser porter par des déambulations, de découvrir nos rapports avec ces compagnes qu’on appelle les plantes "délaissées". Instaurer d’autres usages, un autre temps, celui de notre commune attention aux manières de cohabiter avec d’autres formes de vie.

Véronique Desanlis "éthobotaniste", comme j’aime l’appeler, qui anime de nombreux ateliers de découverte des plantes en ville, et Ariane Leblanc, coordinatrice du projet La Semeuse, nous proposent une soirée d’échanges sur ces formes de cohabitation. Cette rencontre nous permettra de porter notre attention aux formes de communauté entre les humains et les plantes, à des nouveaux usages (ou à hériter des usages anciens), dans la gratuité : pour se nourrir, pour se soigner, pour simplement regarder ce que nous ne voyons plus. Nous nous attarderons aussi sur les stratifications historiques dans la ville d’Aubervilliers des cultures végétales.

plus d’infos : http://www.leslaboratoires.org/date/seminaire-pratiques-de-soin-et-collectifs-rencontre-2/le-printemps-des-laboratoires-5


Plan de la rubrique

petit trombone

Espace d'échange